Publié le
19.03.2020 à 13h07
par
journal du cameroun

Ils font partie de la deuxième phase du projet à Haute intensité de la main d’œuvre  (Himo II) financé par l’Union européenne. Le but étant de les sortir du désœuvrement et de la tentation de joindre les rangs de la secte Boko Haram.

« J’ai été retenue pour travailler pendant une période dans le chantier de construction des routes dans la commune de Guémé dans le cadre du projet Himo. Avec l’argent que j’ai gagné, j’ai créé un Gic (Groupement d’initiative commune, Ndlr) avec six autres ouvriers. Nous louons des parcelles de terre sur lesquelles nous cultivons. Aujourd’hui nous avons de grandes plantations ». Ce témoignage témoigne est de Philomène Tapita, habitante de la commune de Guémé, dans la région de l’Extrême-nord du Cameroun.

La jeune femme est l’une des 1500 bénéficiaires de la deuxième phase du projet Haute intensité de la main d’œuvre (Himo II). Un programme de réinsertion sociale et professionnel exécuté dans 20 communes de la région de l’Extrême-Nord Cameroun.

Comme Philomène, Express Nemsi, se réjouit de l’homme nouveau qu’il est aujourd’hui. « Il y a encore moins d’un an, j’étais au chômage. Le maire de Guémé m’a convaincu d’intégrer le projet Himo. Au bout de six mois j’ai formé un groupe avec des amis et nous avons décidé de faire de l’élevage. Nous avons présenté notre projet aux promoteurs d’Himo et ils nous ont financé avec l’argent qu’ils débitaient de nos salaires pour épargner », raconte-t-il.

Quant à Simon Biena, jeune père de 04 enfants, il est aujourd’hui un chef d’entreprise à Guémé. Son financement lui vient de son épargne après avoir exercé comme ouvrier sur le chantier de construction des magasins de stockage. Il est content de son ascension sociale et c’est avec grande joie qu’il parle de son expérience.

« Je n’avais pas de travail avant Himo. Un jour le maire m’a parlé du projet et a voulu que je l’intègre. J’ai travaillé dans les chantiers de construction des routes. Je gagnais 15 500 Fcfa par semaine. Je recevais 10 000 Fcfa. Les promoteurs du projet épargnaient 5500 Fcfa pour moi. Quelque temps après j’ai acheté une machine à coudre. Aujourd’hui mon atelier de couture s’est agrandi et est devenu un centre de formation qui forme 40 personnes », se récré le jeune homme.

Ces trois bénéficiaires ont pris part à une rencontre de restitution finale des acquis dudit projet qui a été organisé le mardi 17 mars à Yaoundé.

D’un montant de plus de 6 milliards Fcfa, Himo II a été financé par l’Union européenne à travers le Fonds fiduciaire d’urgence, dont la gestion déléguée est assurée par l’Agence francaise de développement (Afd). Le projet est mis en œuvre depuis 2016 par le Programme national de développement participatif (Pndp) et vise non seulement à promouvoir l’expansion de l’économie locale des communes cibles, mais aussi à résoudre le problème de précarité  et de chômage de la population juvénile de cette partie du pays.

Le projet Himo II a aussi permis la construction et la réhabilitation des infrastructures routières hydrauliques, notamment les pistes  rurales, les mares artificielles, les magasins de stockage dans communes cibles de l’Extrême-Nord.

 « Le bilan est fort : 5000 jeunes se sont réinstallés dans les activités soit en groupe ou de manière individuelle au cours des deux phases du projet Himo. Et vous savez que dans notre contexte, ce sont dix personnes qui survivent derrière chaque revenu. Les activités que ces jeunes mènent apportent également des revenus à la commune en termes de fiscalité », a expliqué Marie Madeleine Nga, coordonnateur national du Pndp.

Alors que Himo II tire à sa fin, le Pndp a déjà bénéficié d’un nouvel appui des partenaires techniques et financiers pour la troisième phase. Celle-ci pourrait s’étendre dans d’autres régions en situation d’insécurité.

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