Le Pr Smaïl Nourreddine, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la  pandémie de Covid-19 en Algérie et chef de service épidémiologie au CHU Mustapha Bacha, à Alger, tire la sonnette d’alarme quant à la dangerosité et à la propagation vertigineuse du Coronavirus. Il n’écarte pas, en effet, une éventuelle deuxième vague. 

Dans un entretien accordé au quotidien francophone Liberté, le professeur tente d’expliquer la dangerosité du virus et exhorte toute la population à rester sur ses gardes. Selon lui, tout comme ailleurs où la pandémie a atteint les pics d’une nouvelle vague, nous devons nous préparer aussi en Algérie.

« Il faut dire que nous nous préparons aussi en Algérie et que nous restons sur nos gardes. Mais rien ne présage dans l’immédiat qu’il s’agit d’une deuxième vague au sens d’une maladie plus virulente que les mois précédents. Nous assistons actuellement à une “réaugmentation” de cas dans plusieurs pays, mais en termes de virulence, par rapport aux premiers temps de l’épidémie, il y a une régression de la capacité de virulence du virus », explique-t-il.

Par ailleurs, il constate qu’il y a quelque part « une évolution naturelle de ce Coronavirus. Il est dit que tous les virus qui apparaissent font beaucoup de dégâts, au début, avant qu’une “compétence” naturelle ne se développe et fasse que des petites mutations interviennent dans le virus pour devenir moins virulent ».

Ce qui laisse croire, selon lui, « à un virus qui dispose de la possibilité de se transmettre et de circuler davantage, mais en faisant des malades asymptomatiques. Les gens ne prennent alors pas beaucoup de précautions face à des patients qui ignorent qu’ils ont attrapé la maladie. C’est dire que le Coronavirus poursuit sa marche naturelle ».

Quant à la possibilité d’une deuxième vague en Algérie, le Pr Smaîl reste sceptique mais pas au point de souligner qu’« on manque de connaissances liées à la pandémie ». « Dans tous les cas, je ne pense pas qu’il y aura une deuxième vague qui entraînerait autant de dégâts que ceux enregistrés durant les mois d’avril et de mai », affirme-t-il.

Et d’enchaîner : « la situation est à présent maîtrisable et c’est valable pour la planète entière. Il faut, néanmoins, relever que le monde entier a pris conscience à présent de la façon dont le virus est en train de circuler. La situation est gérée en fonction des bilans épidémiologiques dressés. C’est ce que nous faisons aussi en Algérie ».

Toutefois, le chef du service épidémiologie au CHU Mustapha Bacha explique également qu’il existe une hausse de contaminations au Covid-19, même dans l’entourage du locataire d’El-Mouradia (la Présidence). Il laisse entendre que cette situation « nous interpelle afin de parer à toute éventualité d’extension de la maladie. Cela veut dire aussi que nous devons nous adapter et réagir en fonction de l’évolution du virus. Le challenge aujourd’hui est de faire en sorte que nous puissions tous être sur la défensive, en observant les mesures barrières et en respectant la distanciation ».

« Nous devons nous efforcer à appliquer les trois mesures cardinales — le port du masque, la distanciation et le lavage des mains — pour éviter de retomber dans le confinement et les couvre-feux qui sont en train d’être instaurés dans certains pays européens, tels que la France », insiste-t-il.

Pour lui, la seule solution qui existe jusqu’à présent, en l’absence d’un vaccin, « c’est de continuer à observer strictement les mesures barrières, tout en souhaitant que le virus continue à faire des cas asymptomatiques plus nombreux. Nous sommes également obligés de prendre, de façon stricte, toutes les mesures de protection et de prévention. J’invite, une nouvelle fois, tous les Algériens à faire très attention et à prendre ces mesures au sérieux, et tout le temps ».

« Le port du masque donne une garantie dont souvent nous ne prenons pas conscience, puisque les gens pensent que les masques sont faits pour éviter d’être contaminés, alors que la vocation première d’un masque est d’éviter de contaminer les autres. Autrement dit, la bavette garantit l’impossibilité, presque à 100%, de transmettre le virus aux autres », conclut-il.

Source : AFRIK

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