Publié le
28.01.2020 à 13h09
par
Journalducameroun.com

L’avocat Agbor Balla est visé par de vives critiques de la part des sympathisants de la cause séparatistes pour avoir défendu un retour au fédéralisme à deux régions au Cameroun.

Taxé de « malhonnête intellectuel » et « peureux », l’avocat camerounais Nkongho Agbor Balla est tourné en dérision par des leaders du mouvement indépendantiste anglophone. Et pour cause, cet activiste a cristallisé l’attention générale lundi en posant le retour au fédéralisme à deux régions comme solution à la crise anglophone.

« Une fédération à deux Etats est la solution à la crise. Toute autre solution, que ce soit la décentralisation, la fédération à dix Etats ou un statut spécial, ne sont que des mesures provisoires. Nous devrons revenir à la table pour aborder les questions fondamentales », a écrit l’avocat sur sa page Facebook.

Cela n’est pas passé inaperçu du côté des séparatistes. « Il n’y a jamais eu de fédération à deux Etats. Le 1er septembre 1961, le Cameroun a transformé sa constitution en La Constitution fédérale et l’a imposé à l’ambazonie », tance le chef de guerre ambazonien Ayaba Cho. Il est soutenu dans cette posture par Mark Bareta et Abdul  Karim.

Agbor Balla Nkongho s’est fait connaitre au Cameroun en jouant un rôle prééminent dans le mouvement corporatiste qui a ouvert la voie à des revendications de grande ampleur sur la forme de l’Etat le 8 novembre 2016. Agissant sous la bannière du Consortium de la société civile anglophone, avocats, enseignants et transporteurs, sous l’égide d’Agbor Balla, avaient réclamé l’instauration d’un système fédéral à deux régions ou l’indépendance complète du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour mettre fin à la marginalisation supposée des anglophones.

Agbor Balla revient-il sur ses positions ?

A sa sortie de prison le 31 août 2017, Agbor Balla s’est montré moins bouillant sur des questions touchant à la crise anglophone. Même s’il a mené diverses consultations à l’étranger sur le sujet, ses réseaux sociaux ont, pendant longtemps, servi principalement à la promotion de ses activités en faveur des droits de l’Homme. Il a cependant participé au grand dialogue national organisé par le gouvernement du Cameroun à Yaoundé du 30 septembre au 04 octobre 2019.

« Nous pensons que le Cameroun doit être un et indivisible. Mais nous pensons également que la décentralisation ne résoudra pas le problème. Nous devons arriver à une fédération. C’est le minimum que les gens qui ont pris les armes accepteront », avait soutenu l’avocat en marge de la première journée du grand dialogue. Cette position n’est guère partagée par les séparatistes, clame Ayaba Cho.

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