Il y a trois décennies ce parti de l’opposition mettait fin au monopartisme en effectuant son entrée sur la scène par une marche inscrite dans l’histoire politique du Cameroun.

Social Democratic Front (SDF), le nom du parti est choisi dans un vent politique violent dont la conséquence fut l’instauration du multipartisme.  Des militants audacieux, parmi lesquels des anciens membres du parti au pouvoir l’Union nationale camerounaise (UNC) avec un certain  Ni John Fru Ndi,  revendiquaient le multipartisme.

Dans un contexte où le régime en place était opposé à toute ouverture politique, en témoigne les multiples marches de protestations organisées dans tout le pays contre le multipartisme. Les militants de l’ouverture démocratique ont dû braver menaces et intimidations des forces de l’ordre pour marcher  à Ntarikon Park, dans la région du Nord-ouest.

Le site Daily Retro rapporte que des dizaines de milliers de personnes avaient alors défilé pacifiquement et les forces de l’ordre avaient réagi violemment. Le bilan faisait état  de six personnes tuées  (dont quatre étudiants). En 1991, le SDF sera reconnu officiellement.

La déchéance

Au fil des années, le SDF a affirmé sa puissance politique, faisant parfois douter le parti au pouvoir le RDPC (ancien UNC) à certaines échéances électorales comme la présidentielle de 1992. Mais de nombreuses dissensions internes  sont venues affaiblir le parti. Le SDF perdu du terrain. Il est de moins en moins représenter à l’Assemblée nationale. Au terme des consultations électorales de février dernier par exemple, le parti s’est en sorti avec seulement 5 sièges sur 180,  contre  18 en 2013. Le parti  a également perdu la quasi-totalité de ses mairies au profit du RDPC.

La crise anglophone dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest est venue sceller sa déchéance.  Son principal bastion se trouve effrité par les violences et le déplacement des populations. Le leader Ni John fru Ndi lui également affaibli par de longues années de lutte a renoncé à la présidentielle 2018 au profit de son vice-président  Joshua Osih.

Ce natif de Kumba en 1968 s’est classé quatrième avec 3,35 % de voix. Derrière deux jeunes formations politiques ; le Mouvement pour la renaissance du Cameroun de Maurice Kamto créé en 2012 et le Parti Univers de Nkou Mvondo Prospère créé en 2011,  et qui avait investi Cabral Libii à la dernière  présidentielle.

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