Publié le
29.07.2020 à 12h41
par
Christian Djimadeu

Pour les parlementaires Rodrigue Kokouendo et Didier Quentin, si rien n’est fait, l’actuel président de la République du Cameroun est bien parti pour quitter le pouvoir en 2032.

Le rapport de la mission conduite au Cameroun du 14 au 17 janvier 2020 par des députés français fait de la conjecture. Rodrigue Kokouendo et Didier Quentin scrutent l’avenir politique du pays et pensent que la succession du  président de la République Paul Biya « interviendra au plus tard à l’issue du prochain mandat », c’est-à-dire en 2032.

Ces derniers redoutent cette longévité à un moment où le Cameroun connait non seulement des tensions sécuritaires à l’Extrême Nord et dans les deux régions anglophones, mais aussi au moment où, selon eux, les Etats-Unis gagnent en influence sur le territoire.

L’objectif selon eux serait « que ce pays qui est, on peut le dire, pivot en Afrique centrale, puisse jouer son rôle, si je puis employer cette expression, de facteur et même d’exportateur de stabilité, dans une région qui est soumise à des tensions très fortes, et puis aussi d’espoirs pour la jeunesse. »

Les leaders politiques locaux que ces parlementaires ont interrogé durant leur visite au Cameroun en début d’année, leur auraient dit qu’ils ont besoin « d’accompagnement, mais pas qu’on nous dise ce que l’on doit faire. ». Et ces Français de conclure qu’il s’agirait d’un accompagnement sur le plan financier, technique et opérationnel.

Pour eux, la succession de l’actuel président de la République- qui compte 38 ans au pouvoir- risque d’être chaotique. Un scénario « à l’ivoirienne » est même envisagé. «  (…) Avec plusieurs dauphins de force égale, [il] n’est pas à exclure et il semble que ce soit ce qui s’est passé ces derniers mois, depuis notre mission. Au moment de la succession, toute fragilité, que ce soit dans l’Ouest anglophone ou au Nord avec Boko Haram, peut être exploité par une partie interne ou par un État étranger et conduire à des troubles graves », prédisent les délégués de la Commission des affaires étrangères de l’Assemble nationale française au Cameroun.

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